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Bande-annonce [en français]
Stationnés dans les villages de pécheurs du Mékong ou dans les quartiers musulmans de Phnom Penh, les réalisateurs de « Khmers islam » Bruno Deniel-Laurent et Guillaume Orignac sont allés à la rencontre des survivants. La parole de ces derniers, suscitée et recueillie par Hisham Mousar - jeune juriste franco-cambodgien engagé dans la défense des droits de l’Homme -, démontre la férocité avec laquelle les Khmers rouges ont tenté d’exterminer l’importante communauté musulmane du Cambodge. Écartelés entre la crainte de parler et le désir de vengeance, les survivants, au fur et à mesure du film, livrent des témoignages toujours plus poignants : rafles d’enfants, abjurations, tueries de masse. Au-delà des humiliations et des profanations (transformation des mosquées en porcherie, utilisation des pages du Coran comme papier hygiénique, etc.), c’est la réalité concrète du « génocide musulman » qui apparaît pour la première fois à l’image. A l'heure où s'ouvre au Cambodge le procès international des principaux dirigeants Khmers rouges, la reconnaissance de la souffrance musulmane permet enfin d'ouvrir la voie de la réconciliation et de la justice. Loin de se résumer à une question annexe ou communautaire, la problématique d'un génocide musulman est déterminante sur un plan juridique puisqu'elle rend possible la poursuite des dirigeants Khmers rouges pour crime de génocide et non seulement pour crimes contre l'humanité ; et, d'un point de vue historique, elle démontre que l'idéologie khmère rouge, loin de se résumer à un maoïsme extrême, contenait aussi une composante racialiste qui la distingue radicalement des autres dictatures communistes.
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